Il fut l’un des joueurs les plus talentueux que l’Australie ait connus sur ces vingt dernières années. Enfant prodige aux mille vies, précoce, James O’Connor s’est illustré balle en main, à tous les postes de la ligne arrière. Doté d’appuis électriques au début de sa carrière, il a désormais fait évoluer son jeu, pour adopter un profil davantage gestionnaire.
Malheureusement, par le passé, “JOC” a souvent défrayé la chronique, parfois malgré lui. Ses moindres faits et gestes épiés, il a aussi dérapé, comme cette triste histoire de février 2017. Alors au RC Toulon (2014, 2015-2017), “Rabbit” est interpellé à Paris après avoir consommé de la cocaïne. S’ensuit une longue descente aux enfers. Mais comme toujours, le joueur aujourd’hui âgé de 36 ans, mis à pied dans un premier temps, rebondit, et connaît notamment une finale de Top 14 quelques mois plus tard avec les Rouge et Noir.
Pourtant réintégré à l’équipe, O’Connor a ensuite vécu des ennuis avec les dirigeants toulonnais. Dans un entretien accordé il y a deux semaines à Andreï Ostrikov, ancien deuxième ligne russe passé par Grenoble, Sale ou Mont-de-Marsan, il affirme ne jamais avoir perçu une partie des salaires qui lui étaient dus, malgré une décision de justice en sa faveur: “Après cette histoire à Paris, j’ai recommencé à jouer mais Toulon a cessé de me payer. Je n’ai toujours pas reçu l’argent de la part de l’ancien propriétaire, Mourad (Boudjellal, NDLR). Je suis encore au tribunal, ils me doivent de l’argent. Ils n’ont jamais payé jusqu’à maintenant. Pour ma dernière année de contrat, au cours des six derniers mois, ils ont tout simplement arrêté de me payer. Cela fait pas mal d’argent que je gagnais à l’époque (sourire). Je suis allé au tribunal, j’ai gagné au tribunal mais il a vendu ses parts. C’est bien dommage, que faire maintenant ? Combattre le système français ? J’ai dû payer des impôts sur de l’argent que je n’ai jamais reçu […] Ils m’ont pourtant dit qu’ils me paieraient mais ça n’est jamais venu. Mais je crois au karma. Nous travaillons encore pour arranger cela. Je tiens juste à préciser une dernière chose : ce n’était pas la faute de Toulon, mais plutôt celle d’une tierce personne.”
Amoureux de Toulon
Malgré cet épisode, “JOC” a clamé tout au long de l’entretien son amour pour Toulon, le club, la région mais surtout ses supporters. Il a même avoué qu’il ne serait pas contre un retour un jour : “J’adore le club de Toulon. Les supporters ont toujours été incroyables avec moi et j’aimerais y retourner, je le sais (sourire). On discute de l’endroit où je jouerai ensuite. Bien sûr que je veux retourner en Australie. Mais si je pouvais aller à Toulon, j’irais à Toulon. Au moins pour une année de plus. Mayol, les journaux volent, l’arrivée au stade au milieu des supporters…“
Un retour qui s’écrit tout de même en pointillé. Parti de Leicester, l’international aux 71 sélections avec les Wallabies, un temps convoité par les Sharks, devrait s’engager en faveur de la Western Force, là où tout a commencé. Selon nine.com.au, un poste d’entraîneur-joueur l’y attend alors qu’il rêve toujours d’une dernière danse avec le maillot green and gold, pourquoi pas en 2027, lors du Mondial australien. Une carrière exceptionnelle d’un écorché vif aujourd’hui apaisé.

