L’annonce avait suscité de vives réactions chez les supporters parisiens, qui n’avaient pas hésité à se soulever pour dénoncer ce recrutement. Rufus McLean sera un joueur du Stade Français la saison prochaine. Mais l’ailier international écossais (3 sélections) puis américain (5 sélections) traîne un lourd passif. En 2023, il est reconnu coupable de violences sur son ex-compagne et est condamné à 120 heures de travaux d’intérêt général. Ni une ni deux, la fédération écossaise et les Glasgow Warriors mettent fin au contrat du joueur. Persona non grata au pays, McLean s’exile aux États-Unis, lui le natif de Boston.
Promis à un bel avenir à ses débuts, il va essayer de se relancer dans le club de la capitale. Une arrivée pas du goût non plus de l’association Her Game Too, partenaire du Stade Français depuis septembre 2025 et impliquée dans la lutte contre le sexisme et la promotion d’un environnement sûr et inclusif pour les femmes dans le sport.
Fin de la collaboration
Dans un communiqué publié ce mercredi et relayé par L’Équipe, l’association annonce mettre fin à sa collaboration avec le Stade Français Paris : “L’annonce publique le 22 juin 2026, du recrutement d’un joueur condamné en 2023 pour violences conjugales constitue pour notre association une contradiction directe et irrémédiable avec les valeurs et les engagements qui fondaient ce partenariat, peut-on lire. Nous pensons avant tout au message que ce recrutement envoie aux femmes, aux supportrices et à toutes les victimes de violences conjugales : que leurs souffrances comptent moins que les performances sportives d’un homme condamné par la justice. Ce message, nous ne pouvons pas le cautionner.”
Rufus McLean, dans un long entretien accordé à Midi Olympique, avait fait son mea culpa, condamné son comportement passé et assurait être prêt à intervenir dans des associations. Contacté en mai dernier par Her Game Too, qui s’indignait d’un tel recrutement, le board parisien avait proposé un échange avec le joueur en quête d’une seconde chance. Mais celle-ci est restée fermée à une telle proposition : “Cette proposition confirme un désaccord de fond que nous ne pouvons ignorer : notre association n’a ni vocation ni légitimité à accompagner individuellement des auteurs de violences, ni à participer à leur réhabilitation ou à leur mise en avant publique.”

