En championnat, la Section Paloise est peut-être le tube de la saison. Deuxièmes de Top 14 à une petite unité du leader toulousain, les protégés de Sébastien Piqueronies sont en très bonne voie pour se qualifier en phases finales, une première depuis leur remontée dans l’élite en 2015.
Et tout cela grâce à un mélange d’une jeunesse tricolore fougueuse et ultra-talentueuse, aux portes de l’équipe de France (certains y sont déjà), incarnée par les Attissogbe, Auradou, Arfeuil, Desperes, Gailleton, Brau-Boirie, Mondinat, Grandidier et de joueurs internationaux d’expérience que sont les Gorgadze, Isa, Montoya, Simmonds ou Maddocks. Oui mais voilà, en Champions Cup, les Palois ont chuté, et ne verront pas les huitièmes de finale. Une petite déception, tant la tâche semblait abordable sur le papier. Certes, les deux premiers matchs, contre Northampton, finaliste de la dernière édition, et Bristol, n’étaient guère simple. Mais la suite s’annonçait tout de même plus aisée.
Les Béarnais ont cravaché pour venir à bout de Scarlets, à l’image du rugby gallois, en plein déclin. Mais surtout, ils se sont inclinés hier sur leur pelouse du Hameau contre des Bulls qui n’avaient plus gagné un match depuis le 17 octobre et un succès au Connacht. Et pourtant, les coéquipiers de Théo Attissogbe, qui avaient retrouvé quelques cadres à l’approche de ce match décisif, ont longtemps cru tenir un match qu’ils maîtrisaient, avant de céder dans les derniers instants la faute à une deuxième mi-temps plus que moyenne (24-26).
Alors certes, cette Champions Cup n’était pas forcément un objectif prioritaire pour les pensionnaires du Hameau. Et pour sa première participation à cette compétition depuis plus de vingt ans, les Palois ont appris. Une élimination qui va leur permettre de grandir encore plus.
Un mal pour un bien ?
Désormais cinquième de sa poule, Pau est donc éjecté de la grande Coupe d’Europe et provisoirement reversé en Challenge Cup. Mais si cette dernière peut parfois être galvaudée par la plupart des équipes, la Section pourrait y jouer un rôle majeur et pourquoi pas, la remporter au vu de l’adversité et de sa dynamique. Et même s’il ne s’agit “que” d’une Challenge Cup, obtenir un titre européen n’est jamais anodin.
Dans le pire des cas, la bande à Hugo Auradou pourrait tout simplement être écartée de toutes les compétitions européennes. Pour cela, il faudra que les Scarlets, derniers, s’imposent dimanche à Northampton. Une issue quasiment impossible, on vous l’accorde. Mais un tel cas pourrait finalement être un mal pour un bien pour la Section, qui ne laisserait plus de plumes sur la scène continentale et pourrait garder ses forces pour l’objectif premier de la saison, une qualification en phases finales de Top 14.
Pendant que les cadors toulousains, toulonnais, bordelais ou autres, battront le fer avec des écuries huppées de notre continent, les Palois eux, pourraient recharger les batteries. Alors même si cette élimination nous laisse une pointe de regrets, après tout, la Section a d’autres objectifs en tête. Des objectifs qui pourraient laisser place à un printemps radieux. Mais ça, c’est une autre histoire.
Biberonné au rugby, tombé malade de ce sport lors de la Coupe du Monde 2003, alors que je savais à peine marcher, je suis le seul sudiste ayant renié le Stade Toulousain pour l’autre Stade… Français. Condamné à souffrir avec mon club de cœur, j’espère vous transmettre mon amour pour la balle ovale à travers XV Ovalie !

