Le XV de France connaît un parcours parfait pour le moment. Les hommes de Fabien Galthié séduisent et n’ont pas connu la défaite depuis le début du 6 Nations. Mieux encore, ils sortent de trois succès bonifiés. À domicile, contre l’Irlande et l’Italie et au Pays de Galles. Avec un goal-average positif de 89, une moyenne de 41 points par match et une première place au classement avec 15 unités sur 15 possibles, les Bleus sont sur la voie royale pour décrocher un deuxième 6 Nations consécutif. Et même rêver d’un Grand Chelem.
Il faudra cependant se méfier du prochain adversaire, l’Écosse. Le XV du Chardon, deuxième avec 11 points, n’est pas largué dans la course au titre et peut toujours espérer une victoire finale. En début de 6 Nations, on s’inquiétait logiquement de l’ultime rencontre contre l’Angleterre, tant la formation de Steve Borthwick s’est montrée forte cet automne. Mais le XV de la Rose a sombré depuis, face à ces mêmes Écossais, puis à domicile contre l’Irlande, pas plus tard qu’il y a dix jours.
Forcément, ces trois premières journées ont rebattu les cartes. Et l’Écosse s’apparente au vrai test du Tournoi pour la France. Mais aussi comme le match piège par excellence.
L’Écosse, une équipe irrégulière… mais dangereuse
Comme chaque année, on place l’Écosse comme l’un des outsiders de la compétition. Comme chaque année, certains suiveurs les voient remporter la compétition hivernale. Et, comme chaque année, l’Écosse déçoit au moins une fois. Cette fois-ci, ce fut dès l’entame du Tournoi, en Italie. Alors certes, sous la houlette de Gonzalo Quesada, la Squadra Azzurra est en nette progression. Et au regard du parcours des Transalpins, il n’y a pas de honte à avoir chuté à Rome, dans des conditions dantesques.
Mais tout de même, c’est la manière qui fait tâche. Une touche inexistante, une mêlée complètement détruite par le solide pack italien, la formation de Gregor Townsend ne pouvait espérer mieux. Mais derrière, les Scots se sont revigorés, pour littéralement broyer l’Angleterre à Murrayfield (31-20). Avant de se faire peur à Cardiff, contre un Pays de Galles en pleine crise (23-26). Bref, une équipe sur courant alternatif. Une irrégularité qui l’empêche de décrocher un 6 Nations derrière lequel elle court depuis 1999.
Mais ce manque de constance peut aussi être difficile à cerner pour l’équipe en face. Quelle version de l’Écosse, le XV de France aura-t-il ce samedi à Édimbourg ? Difficile de savoir.
Une équipe capable de coups d’éclat
Cette irrégularité se fait aussi remarquer dans leur rugby. Les Écossais sont capables de sortir de leur schéma de jeu, et de réaliser des coups d’éclat dont ils ont le secret. Il faut dire qu’avec une telle ligne de trois-quarts, composée de grands talents, et de l’axe 10-12-13 des Lions Britanniques (Russell, Tuipulotu, Jones), ils disposent là d’une force de frappe incroyable. En contrepartie, ils peuvent aussi manquer de puissance, enchaîner les maladresses, et ne pas tenir la distance sur 80 minutes, comme ce match contre la Nouvelle-Zélande en novembre.
Avec un magicien de la trempe de Finn Russell à l’ouverture, les Bleus sont tout de même prévenus. Les partenaires de Matt Fagerson apprécient tout particulièrement aller toucher les couloirs, avec notamment plusieurs courses en leurre et du jeu dans le dos, en passant par un Sione Tuipulotu, deuxième régulateur de la ligne d’attaque après Russell. Les Français le savent, mais ils devront s’attendre à un jeu ouvert, parfois débridé.
Surtout, dans un Murrayfield chauffé à blanc et acquis à la cause des locaux, les coéquipiers d’Antoine Dupont devront résister à la furia du XV du Chardon. Et si la France venait à se sortir du traquenard d’Édimbourg, alors le Grand Chelem ne pourrait être qu’une question de temps.

