Jonny May tire sa révérence : fin de carrière pour l’ailier anglais à Angoulême

Written on 20/04/2026

Jonny May va raccrocher les crampons. L’information tombe comme un coup de massue pour les amateurs de rugby rapide et spectaculaire. L’ailier anglais, débarqué en Pro D2 à Soyaux-Angoulême cette saison, devrait mettre un terme à sa carrière à l’issue de l’exercice en cours. À 36 ans, celui qui a terrorisé les défenses pendant plus d’une décennie a décidé que le moment était venu. Difficile de ne pas ressentir un pincement au cœur.

Un palmarès qui parle de lui-même

Trente-six essais en 78 sélections avec le XV de la Rose. Les chiffres sont là, implacables. May fait partie de ce cercle restreint d’ailiers anglais qui ont marqué l’histoire du rugby international. Sa vitesse pure, cette capacité à trouver des intervalles là où il n’y en avait pas, son jeu au pied audacieux : tout ça a fait de lui un cauchemar pour les arrières adverses. On se souvient de ses accélérations foudroyantes dans le Tournoi, de ses essais qui semblaient impossibles. Ce type pouvait partir de ses 22 mètres et finir sous les poteaux sans qu’on comprenne vraiment comment.

En club, May a porté les couleurs de Leicester et Gloucester avec la même intensité. Deux mastodontes du rugby anglais qui ne recrutent pas des tendres. Il a gagné des titres, survécu aux guerres de tranchées du Premiership, enchaîné les saisons à haut niveau. Puis cet été, surprise : direction Angoulême, en Pro D2. Un choix qui en a étonné plus d’un.

L’aventure charentaise, courte mais sincère

Pourquoi Angoulême ? La question mérite d’être posée. May aurait pu finir sa carrière peinard dans un club anglais de deuxième zone, encaisser un dernier chèque confortable. Au lieu de ça, il a choisi la Pro D2 française, ce championnat rugueux où les matchs se jouent souvent dans la boue et où la moindre erreur se paie cash. Angoulême n’est pas un géant du rugby français. C’est un club qui se bat pour exister, pour monter, pour prouver qu’il a sa place.

May a apporté son expérience, son professionnalisme. Mais le corps, à 36 ans, ne répond plus comme à 26. Les plaquages font plus mal, les récupérations prennent plus de temps. On peut imaginer qu’il a senti que cette saison serait la dernière. Mieux vaut partir debout que traîner une carcasse fatiguée sur des terrains qui ne pardonnent rien.

Que reste-t-il après ?

La retraite d’un joueur de ce calibre pose toujours la même question : et maintenant ? May a le profil pour basculer dans le coaching, l’analyse vidéo, le mentorat. Il a ce bagage tactique, cette lecture du jeu qui pourrait servir à une nouvelle génération d’ailiers. Ou alors il disparaît complètement du monde du rugby, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit. Certains joueurs ont besoin de couper, de respirer autre chose.

Pour Angoulême, perdre May en fin de saison, c’est perdre un symbole. Mais c’était prévisible. On ne signe pas un joueur de 36 ans pour bâtir un projet sur cinq ans. On le signe pour ce qu’il peut transmettre, pour l’aura qu’il apporte au vestiaire. Mission accomplie ou presque, selon où le club finira au classement.

Reste une certitude : le rugby perd un ailier qui a fait vibrer les stades. May laisse derrière lui des images, des essais gravés dans les mémoires, et cette sensation qu’il était toujours capable de sortir quelque chose de nulle part. Pas mal, pour un type qui n’a jamais été le plus costaud sur le terrain.