“Joe Jonas prêté au Biarritz Olympique. À la suite d’un accord de prêt entre le Stade Français Paris et le Biarritz Olympique Pays Basque, notre arrière terminera la saison sur la côte basque.” Voilà les mots du Stade Français Paris, ce vendredi matin, pour annoncer le départ en prêt de Joe Jonas à Biarritz.
Après Andy Timo il y a quelques semaines, c’est un autre jeune joueur qui quitte la capitale. Le Sud-Africain, va retrouver un club qu’il connaît bien. Le natif de Swellendam a dit au revoir à son pays tout jeune pour gagner les travées d’Aguilera en 2020. Sous les couleurs rouges et blanches, il a brillé, tant pour ses débuts en Top 14, en témoignent son essai en solitaire au Michelin ou sa percée contre Pau, que plus tard en Pro D2, portant à bout de bras le BO en deuxième division. Appuis électriques, belle pointe de vitesse, buteur doté d’un bon jeu au pied, et surtout une polyvalence non négligeable (il peut jouer tous les postes de la ligne arrière), le numéro 15 a tapé dans l’œil des écuries de Top 14. Avant de finalement signer au Stade Français Paris à l’été 2024.
Une histoire gâchée avec Paris
Alors forcément, son départ un an et demi après avoir posé ses valises à Paris déçoit les supporters stadistes autant qu’il a pu les enthousiasmer à l’annonce de son arrivée. Et ses maigres 8 apparitions au cours de l’exercice, toutes compétitions confondues, laissent forcément une once de regret.
Comment expliquer qu’un joueur, tellement au-dessus du niveau de la Pro D2, puisse connaître une telle traversée du désert à l’échelon supérieur ? Car même si Jonas a connu 18 rencontres l’an passé sous la tunique rose, il n’a cependant jamais réussi à faire l’unanimité, trimbalé entre l’arrière et l’aile. Sûrement aussi la faute à une saison compliquée pour le Stade Français, qui a lutté pour son maintien. Difficile de se mettre en évidence dans un jeu plutôt restrictif, alors que le joueur de 25 ans s’épanouit dans un rugby de mouvement tourné vers l’offensive.
D’autres assurent qu’il s’agit d’un souci de niveau, et qu’un gouffre existe entre le Top 14 et la Pro D2. Pourtant, certains éléments, qui ont parfois moins prouvé dans l’antichambre de la seconde division, arrivent à s’épanouir dans d’autres formations et ont sauté le pas avec succès. Il est vrai que les soldats roses ont du mal à faire exploser les “prospects” de Pro D2. On pense à Raffaele Costa Storti auparavant, Jonas est un nouvel exemple, sans parler d’Andy Timo, cité quelques lignes plus haut.
Déjà dans le groupe avec le BO
Cette saison, il n’a pu s’exprimer. Blessé très tôt lors de la première journée contre Montauban, il n’a jamais eu la confiance de Paul Gustard et son staff à son retour, qui lui ont à chaque fois préféré un Léo Barré parfois à côté de ses pompes et boycotté par Galthié, voire un Mathis Ibo en Challenge. L’issue d’un départ était inévitable. Mais il laissera un goût amer dans la bouche, tant le garçon est pétri de qualités. Et Zack Henry, son partenaire à Paris, le confirmait dans le podcast RugbyPhysio : “Son parcours est cool. Au niveau des skills, c’est l’un des meilleurs joueurs que j’ai croisé. Il est humble, c’est un très bon joueur et on n’a toujours pas vu le meilleur de Joe Jonas. Il a beaucoup à montrer.”
On dit qu’il n’y a pas de mauvais joueur, seulement des mauvais contextes. À Jonas de le prouver dès à présent à Biarritz, avant de pourquoi pas se relancer la saison prochaine dans un club de Top 14, lui qui est en fin de contrat dans les travées de Jean Bouin en juin. À peine débarqué, Joe Jonas sera d’ailleurs sur le banc pour défier Provence ce vendredi. Et Boris Bouhraoua compte bien s’appuyer sur sa polyvalence pour sortir le BO des affres de la relégation : “On avait besoin d’un utility back. On a perdu beaucoup de joueurs, notamment derrière. Donc on ne va pas limiter Joe Jonas au poste de n°15 où il a beaucoup joué avec le BO. Ce vendredi contre Provence, il va pouvoir entrer au poste de centre.” À lui de jouer.

