Yannick Bru ne tergiverse pas. Pour recevoir Montpellier ce samedi soir à Chaban-Delmas, le manager de l’UBB a décidé d’aligner ses meilleurs. Matthieu Jalibert à l’ouverture, Cameron Woki en troisième ligne, Louis Bielle-Biarrey à l’aile. Deux petits points séparent les deux équipes au classement, et Bordeaux n’a clairement pas envie de laisser filer cette occasion de consolider sa place dans le Top 2.
Un trio de feu pour faire la différence
Jalibert revient après avoir purgé sa suspension. Son retour tombe à pic. L’ouvreur bordelais reste le métronome de cette équipe, celui qui fait tourner le jeu, qui trouve les intervalles au pied et qui sait quand accélérer. Face à une défense montpelliéraine qui a montré des failles ces dernières semaines, son jeu au large pourrait faire très mal. À ses côtés, Woki apporte cette polyvalence qui rend l’UBB si difficile à lire. Capable de percuter en plein cœur de rideau comme de se projeter en soutien, le troisième ligne ajoute une dimension athlétique que peu d’équipes peuvent égaler.
Et puis il y a Bielle-Biarrey. Le gamin continue d’impressionner. Sa vitesse pure reste son arme principale, mais c’est sa lecture du jeu qui progresse match après match. Il ne se contente plus de courir vite, il choisit ses moments, temporise, fixe. Montpellier va devoir surveiller chaque ballon qui part dans son couloir.
Montpellier n’a rien à perdre
Le MHR débarque à Bordeaux avec deux points de retard au classement, mais sans la pression. Joan Caudullo sait que personne n’attend grand-chose de son équipe dans ce match. L’occasion parfaite pour jouer libéré. Les Héraultais ont montré cette saison qu’ils pouvaient emballer n’importe qui quand leur pack prenait l’ascendant. Leur conquête reste solide, leur mêlée peut poser des problèmes, et si Garbisi trouve ses espaces derrière, ça peut vite devenir compliqué pour la défense bordelaise.
Le danger pour l’UBB, c’est justement de croire que le match est gagné d’avance. Montpellier n’a plus rien à prouver cette saison, peut se permettre de tenter, de prendre des risques. Cette liberté mentale peut devenir un avantage énorme face à une équipe qui doit gérer la pression du résultat.
Le Top 2 comme obsession
Bordeaux n’a pas caché ses ambitions cette saison. Finir dans les deux premiers, éviter les barrages, se donner une vraie chance d’aller chercher ce titre qui leur échappe depuis trop longtemps. Avec Toulouse qui semble intouchable en tête, chaque point compte pour sécuriser cette deuxième place. La Rochelle, le Racing, Lyon même, tout le monde guette la moindre défaillance.
Perdre à domicile contre Montpellier serait un coup dur. Pas insurmontable, mais un signal inquiétant à quelques semaines des phases finales. D’où ce choix d’aligner les cadres, de ne rien laisser au hasard. Bru sait que son équipe peut parfois manquer d’intensité face aux équipes du milieu de tableau. Il préfère mettre toutes les chances de son côté.
Reste à voir si cette armada suffira. Parce que sur un match, avec un pack montpelliérain qui monte en température et des trois-quarts capables d’exploser sur un rien, rien n’est jamais écrit d’avance. Coup d’envoi à 21h, et on devrait vite savoir si l’UBB a vraiment les épaules pour viser le titre.