On ne souhaite ça à personne. Gabin Villière, l’ailier du RC Toulon et du XV de France, serait victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Le diagnostic doit encore être confirmé par des examens complémentaires, mais les premières craintes pointent vers ce scénario noir. Pour un joueur qui a déjà connu l’enfer des blessures longue durée, c’est un coup terrible. Pour Pierre Mignoni et Fabien Galthié, c’est un casse-tête de plus.
Un genou qui lâche, une saison qui s’envole
La scène s’est déroulée lors du dernier match de Toulon en Top 14. Villière s’est effondré sans contact, la main sur le genou. Ce geste-là, tous les joueurs le redoutent. Pas besoin d’être médecin pour comprendre que quelque chose de sérieux vient de se passer. Les images ne mentent pas : appui qui vrille, genou qui part en dedans, grimace immédiate. Si la rupture des croisés est confirmée, on parle de six à neuf mois d’absence. Autant dire que sa saison est finie.
Pour Toulon, qui lutte pour accrocher le top 6, perdre un cadre offensif de cette trempe change la donne. Villière, c’est du volume de jeu, de la percussion, une capacité à casser les rideaux défensifs adverses. Pas le genre de profil qu’on remplace en claquant des doigts. Mignoni va devoir revoir ses plans, probablement pousser Dréan ou Garbisi sur l’aile, ou chercher un joker médical si le calendrier le permet.
Le XV de France privé d’un soldat
Côté Bleus, c’est un autre problème. Villière n’est pas le joueur le plus flashy de la bande à Galthié, mais c’est un guerrier. Un mec qui défend comme un troisième ligne, qui ne lâche jamais rien, qui gratte des ballons dans les rucks adverses. Son profil complète parfaitement celui de Penaud ou Dumortier. Quand il faut monter au charbon, Villière est là.
Sauf que maintenant, il ne sera probablement pas là pour le Tournoi des Six Nations 2025. Ni pour les tests de l’automne prochain si la rééducation traîne. Galthié a déjà perdu Romain Ntamack pour une partie de la saison, il voit Damian Penaud naviguer entre deux pépins physiques. Là, c’est un autre titulaire potentiel qui tombe. La liste des blessés commence à ressembler à un effectif bis.
Pas la première fois pour Villière
Ce qui rend cette blessure encore plus cruelle, c’est que Gabin Villière connaît déjà la chanson. En 2022, il avait manqué une partie du Tournoi à cause d’une fracture du péroné. L’année d’avant, c’était une blessure à l’épaule. Le gars a passé plus de temps en salle de kiné que certains en boîte de nuit. Et à chaque fois, il est revenu. Mais une rupture des croisés, c’est une autre dimension. Physiquement et mentalement.
La rééducation sera longue, ingrate, parfois douloureuse. Il faudra reconstruire le genou, retrouver la confiance dans l’appui, réapprendre à couper sans penser. Certains joueurs reviennent au même niveau. D’autres pas. Villière a 30 ans. L’âge où le corps pardonne moins, où les retours de blessure prennent plus de temps. Peut-il encore viser la Coupe du monde 2027 en Australie ? Difficile à dire aujourd’hui.
En attendant la confirmation officielle du diagnostic, Toulon et le XV de France retiennent leur souffle. Mais au fond, tout le monde sait déjà. Quand un genou lâche comme ça, c’est rarement bon signe. Et pour Gabin Villière, le combat ne fait que commencer.