XV de France. Reverra-t-on Gaël Fickou en Bleu ?

Written on 24/07/2026

Il n’a cessé de clamer son amour pour l’équipe de France. Gaël Fickou ne s’en est jamais caché, son prochain départ pour Toulon est une façon de boucler la boucle, mais surtout la possibilité de se relancer à l’approche de la Coupe du monde 2027, son dernier gros défi : “Mon objectif, c’est la Coupe du monde, c’est ce qui me tire et m’entraîne à être bon. Le Top 14, je le connais par cœur, ça fait des années que j’y suis. Bien sûr que j’ai envie de gagner le Top 14 ou la Coupe d’Europe, c’est une évidence. Mais ce qui m’a toujours animé dans ce sport, c’est l’équipe de France, plus que tout le reste si je suis honnête. Si je suis bon en club, ça me permet d’être en équipe nationale. Il faut que j’aie cette pression, de me dire que si je ne suis pas bon, les supporters vont me mettre la misère“, expliquait-il dans le podcast Rugby Confidential.

Pourtant, voici bientôt un an que le joueur de 32 ans n’a plus été convoqué en équipe de France. Sa dernière apparition avec la tunique bleue remonte au 22 novembre dernier, un soir de victoire contre l’Australie. Il a d’abord manqué le succès final dans le 6 Nations de cette année. Cet été, malgré l’absence de certains joueurs premium, l’enfant de La Seyne-sur-Mer n’a pas été sélectionné par Fabien Galthié pour participer au Championnat des nations. Toutefois, Fickou lui-même avoue avoir eu une conversation avec le sélectionneur, celui-ci lui assurant qu’il faisait toujours partie des plans : “On a discuté un long moment et on a parlé de nombreuses choses. Pas forcément de la non-sélection. Il me disait qu’il pensait que c’était important de bien couper avec le Racing, de prendre le temps de bien déménager, de partir en vacances pour bien revenirl’année prochaine […] Il m’a dit qu’il comptait toujours sur moi et qu’il allait regarder mes performances avec Toulon. Parce que ce n’est pas fini.”

Une jeune génération qui a les crocs

Mais plus le temps avance, plus on se demande si le futur Toulonnais deviendra un jour centurion. Avec ses 98 sélections au compteur, Gaël Fickou a pendant de très nombreuses années été un cadre du XV de France. Un inamovible au centre du terrain, jusqu’à peu, encore sous la houlette de Fabien Galthié.

S’il s’accroche à ce rêve bleu, revêtira-t-il un jour de nouveau le maillot de la sélection nationale ? Une question qui peut paraître folle quand on connaît le talent du bonhomme. Mais lors de cette escapade estivale dans l’hémisphère sud, plusieurs centres, symboles de cette jeune génération toujours plus précoce, ont fait parler d’eux et Fickou semble désormais avoir une longueur de retard sur ceux-là.

Même si on connaît sa polyvalence (il peut jouer 12 ou 13), Fickou doit se frotter à une sacrée concurrence. Comme premier centre, Yoram Moefana est une référence mondiale. Au milieu des Jordie Barrett, Len Ikitau ou Sione Tuipulotu, il figure parmi les meilleurs à son poste. Auteur de très grandes performances au cours de ce Championnat des nations, on ne voit pas qui pourrait le déloger jusqu’au Mondial 2027. Surtout que derrière lui, des jeunes poussent. On pense à Noah Nene (21 ans), qui a fêté sa première cape l’hiver dernier au Pays de Galles ou à Auguste Cadot (24 ans), appelé cet été. Mais surtout à un certain Fabien Brau-Boirie.

À tout juste 20 ans, le Palois excelle. S’il est davantage connu pour être un 12, il s’est cette fois-ci révélé au poste de treize tout au long du triptyque sudiste. Une polyvalence rare et des prestations de haut niveau qui font de lui désormais un très sérieux candidat au poste de titulaire. Rendez-vous compte, il a relégué sur le banc un certain Nicolas Depoortère (23 ans, 10 sélections), de retour de blessure certes, mais qui ne s’est contenté que de miettes tant le natif de Narbonne a impressionné. Émilien Gailleton (23 ans, 13 sélections), son partenaire à Pau et promis aussi à un grand avenir, n’a pas disputé la moindre minute tant le niveau était élevé. Et Kalvin Gourgues (21 ans, 4 sélections), auteur notamment d’une superbe entrée en jeu contre l’Australie, pourrait aussi venir bousculer la hiérarchie.

Le pire dans tout ça ? C’est qu’un Gourgues ou Depoortère sont aussi capables de dépanner en 12. Et on en oublierait presque Pierre-Louis Barassi, au repos pour cette tournée mais titulaire chez le champion de France toulousain, grand acteur de la victoire lors du 6 Nations 2025 et toujours dans les petits papiers de Galthié. Au milieu de ces talents de demain, on voit mal comment Fickou pourrait se frayer un chemin. Si on dit souvent qu’en France, le poste de troisième ligne est hyper concurrentiel, que dire de celui de centre ? Le défi est immense. Il faudra que Gaël Fickou sorte une saison XXL avec Toulon, pour espérer voir l’Australie à l’automne 2027. Mais il en est capable et son expérience des grands rendez-vous pourrait faire pencher la balance au moment de faire des choix.