Fabien Galthié a dévoilé la composition qui défiera le Japon ce samedi à Tokyo (10h40, heure française). Aucune surprise n’est à noter par rapport à l’équipe attendue ces derniers jours. En l’absence d’Oscar Jegou, toujours en délicatesse avec une épaule, c’est Alexandre Roumat qui intègre la troisième ligne comme numéro 8, Marko Gazzotti prenant place en tant que flanker. Alors que l’on pouvait dans un premier temps s’attendre à une titularisation du Clermontois Killian Tixeront, le staff tricolore a donc modifié ses plans à quelques heures de l’annonce officielle des 23. Le profil aérien du Toulousain apportera encore un peu plus d’assise dans le secteur de la touche, mais aussi sa dextérité balle en main, et ce rôle de trieur de ballon dans le jeu courant.
De ce triptyque estival, et même s’il reste une rencontre, Fabien Galthié peut en tirer de grosses satisfactions. Si certains joueurs “premium” ne sont pas de la partie, d’autres se sont révélés, comme Fabien Brau-Boirie, déjà très en vue avec la Section Paloise et lors de ses premières sélections l’hiver dernier, mais qui a explosé à un poste de 13 qu’on lui connaissait moins. S’il est tout juste de retour de blessure, Nicolas Depoortère s’est contenté de miettes alors que Kalvin Gourgues, qui a fait la différence en sortie de banc contre l’Australie et remplaçant ce week-end, semble encore avoir une longueur de retard sur le natif de Narbonne. Pourrait-on voir Brau-Boirie s’installer durablement à ce poste de second centre avec les Bleus malgré la forte concurrence (n’oublions pas que Pierre-Louis Barassi est resté en France) ? C’est possible. Fabien Galthié a en tout cas laissé entendre que bon nombre de joueurs présents pour ce premier volet du Championnat des nations avaient pris rendez-vous avec l’avenir : “Avant le match contre l’Australie, je vous avais dit que l’équipe alignée n’était pas l’équipe de France qui a gagné le Tournoi des 6 Nations. Mais là je peux vous dire que vous êtes peut-être en train de voir l’équipe qui va continuer la compétition.” Comprenez donc, une formation qui pourrait être reconduite cet automne.
Des attentes dépassées, une première ligne modifiée
L’homme fort tricolore a avoué avoir été bluffé par certains joueurs lors de cette tournée : “Ce groupe de 42 joueurs a répondu très très vite à nos attentes, voire les a dépassées.” On pourrait parler de Lenni Nouchi, hyperactif contre l’Australie, ou d’Aaron Grandidier-Nkanang, qui, pour sa première sélection, fut l’auteur d’un doublé. Si une aile sera occupée par le phénomène Louis Bielle-Biarrey en novembre, Théo Attissogbe a peut-être lui sécurisé sa place de l’autre côté, tant il a épaté, solide sous les ballons hauts et un vrai poison offensivement. Enfin, impérial derrière son pack, Maxime Lucu s’est affirmé comme l’un des tauliers de cette équipe alors qu’en cas d’absence de Thomas Ramos dans le futur, le board bleu blanc rouge tient désormais des certitudes avec un Jalibert exceptionnel à l’arrière face aux Wallabies, dont l’association avec Romain Ntamack a créé des étincelles.
Ces tournées aux antipodes du globe ont toujours permis à des joueurs de marquer des points et de prendre date avec le maillot bleu dans le futur. En revanche, certains ont probablement manqué le coche. C’est le cas par exemple de la première ligne, qui n’a pas satisfait le staff français à Brisbane. Fabien Galthié s’en est expliqué en conférence de presse : “Nous ne sommes pas totalement satisfaits des performances de notre mêlée.” Si Mauvaka restera à n’en pas douter l’un des cadres du groupe tricolore, Moses Alo-Emile ou Demba Bamba, le Racingman aussi en difficulté en Nouvelle-Zélande, pourraient avoir laissé passer le train : “Le rugby commence devant. Je n’invente rien. Il commence par la conquête, poursuit Galthié. Dans la conquête, il y a la touche et la mêlée. Donc il est difficile d’exister au plus haut niveau sans ces éléments-là. Alors je ne dis pas qu’on ne l’a pas, mais c’est un élément qu’il va falloir renforcer. En tout cas, on y travaille. Je ne peux pas vous dire mieux. On y travaille. Ça fait partie de nos priorités.” Avant même le Japon, une colonne vertébrale s’est dessinée en vue des prochaines échéances.