Samedi après-midi au Stadio Olimpico, on a assisté à un truc qu’on croyait relever du mythe. L’Italie, cette équipe qu’on voyait systématiquement ramasser des cuillères dans le Tournoi, a battu l’Angleterre. Pas dans un match de préparation estivale, pas sur un malentendu. Non, en plein Six Nations, 23-18, avec la manière. Première victoire de son histoire contre le XV de la Rose. Laisse tomber, c’est énorme.
Un plaquage qui résume tout
Les Italiens n’ont pas volé ce succès. Dès l’entame, on a senti quelque chose de différent dans leur attitude. Le rideau défensif tenait bon, les plaquages claquaient, et surtout, ils ne baissaient pas les yeux. L’Angleterre a bien tenté d’imposer son jeu au contact, de pousser en mêlée, mais les Azzurri ont répondu présents. Chaque ballon était disputé comme si leur vie en dépendait. Et franchement, face à une équipe anglaise qui accumule les doutes depuis le début du Tournoi, ça a suffi.
Ce qui frappe, c’est la discipline italienne. Pas de pénalités stupides à répétition, pas d’en-avant dans les moments chauds. Juste du rugby appliqué, presque scolaire, mais terriblement efficace. L’ouverture Paolo Garbisi a géré son match au pied avec une maturité qu’on ne lui connaissait pas forcément. Pendant ce temps, les Anglais multipliaient les approximations, les ballons perdus bêtement, les temps de jeu gâchés.
L’Angleterre dans le brouillard complet
Difficile de ne pas pointer du doigt la débâcle anglaise. Après les défaites contre l’Écosse et l’Irlande, voilà le XV de la Rose qui s’effondre face à l’équipe qu’on considérait comme le sparring-partner du Tournoi. Steve Borthwick doit se poser de sérieuses questions ce soir. Son équipe n’a montré aucune créativité, aucune capacité à sortir du cadre quand le plan A ne fonctionnait pas. Les trois-quarts ont été inexistants, la charnière invisible.
On peut parler de manque de leaders sur le terrain. Qui prend les choses en main quand ça sent le roussi ? Personne. L’Angleterre a joué comme une équipe sans âme, sans cette arrogance qu’on lui connaissait. Et face à une Italie gonflée à bloc, portée par son public, c’était mission impossible. Le Crunch de la semaine prochaine contre la France s’annonce comme une correction annoncée si rien ne change radicalement.
Un Tournoi qui bascule
Cette victoire propulse l’Italie à la quatrième place du classement. Oui, tu as bien lu. Quatrième. Devant l’Angleterre. C’est le genre de phrase qu’on n’aurait jamais imaginé écrire il y a encore quelques années. Les Transalpins ont longtemps été la lanterne rouge automatique, le match où les autres faisaient le plein de points. Là, ils viennent de prouver qu’ils ont leur place dans cette compétition.
Gonzalo Quesada, le sélectionneur argentin arrivé cet hiver, peut savourer. Son approche semble porter ses fruits : moins de spectacle peut-être, mais beaucoup plus de solidité. L’Italie ne gagne pas encore tous ses matchs, mais elle ne les perd plus bêtement. Et ça, c’est déjà un sacré progrès. Reste à voir si ce succès historique va libérer les Azzurri ou si la pression va retomber. Parce que maintenant, tout le monde va les regarder différemment. Et c’est peut-être ça, le plus grand défi qui les attend.